Vomis un coup ça ira mieux après.

Vomis un coup ça ira mieux après.
Je suis cet instinct meurtrier que tu essayes d'enlever de toi-même pour rentrer dans la norme. Je suis le fossoyeur de la bonne morale, qui se réveille pendant ton sommeil pour te retourner la cervelle. Gare aux somnambules. Tu as beau essayer de m'oublier, le mascara sensé me cacher n'a de cesse de couler. Un peu comme ton cerveau après un beau lavage à la doctrine contemporaine. Ceci est immuable et traverse les âges comme la violence de l'être humain. Chasse le naturel et il revient au galop. L'alcool n'est qu'un enzyme. Ferme tes yeux et regarde moi dans les moindres recoins de ton esprit. Sourire figé, regard de glace. Tu ne peux le cacher. Laisse monter en toi l'instinct meurtrier. Frappe et cogne tant que ça bouge. Vis. Tu verras. On vit. L'Homme nait libre et partout il est aux fers. Surtout maintenant. Si si. Si si. Ouvre les yeux. Je suis devant toi. Crie, pousse moi et je rebondis. Comme un sangsue qui réclame sa ration de sang. Cannibales, on l'est tous. Mais tous n'ont pas la chance d'avoir goûté la chair humaine. Il ne s'agit pas de démence, juste de pulsions. Laisse tomber, et crève.

# Posté le jeudi 13 août 2009 18:44

Désir

Désir
Quel est le nectar qui assouvira ma soif? Quel est donc ce but qui est à la fois propre à chacun mais aussi ancré en chacun de nous? Ce qui nous pousse à aller de l'avant, à vivre. Quel est donc ce nectar? Est-ce la liberté? Est-ce le bonheur? Ou la vérité? Aucune de ces réponses ne semblent convenir, toutes complémentaires et dépendantes. Avons nous une finalité, un objectif à accomplir de notre vivant, et qui dont la recherche ferait partie de notre être à la naissance? Serait-ce la matérialisation de ce que l'on nomme le destin? Beaucoup de questions qui n'ont pas ou pas encore de réponses à mes yeux. Pourtant elles doivent être posées. Peut-être est-il trop tôt pour moi pour me les poser. En tout cas, bienheureux celui qui posera ses lèvres sur son nectar. Ce nectar si puissant, rendant moments de joie et de peine équivalents, tout juste consumés. Serait-ce la mort? Le dernier râle d'un mourant, expiant la peine et la douleur, oubliant la joie et rétablissant un équilibre parfait, anéantissant toute idée de Bien ou de Mal. Serait-ce la vie? La volonté de vivre, de souffrir et d'exulter de bonheur, de rire et de pleurer, de tomber et de se relever. Quel est ce nectar qui assouvira ma soif?

# Posté le lundi 13 avril 2009 12:19

Modifié le lundi 13 avril 2009 12:33

Pluton

Pluton
Après ce soir là, le ciel m'apparut totalement différent. Il ne se passa plus un regard vers le haut sans penser à ce qui pouvait vivre au dessus. La voute céleste était une sorte d'échappatoire, où je pouvais fuir, sans passer par ces moments de plane ou par le rêve.

Un jour, l'envie me prit d'aller visiter les cieux. J'enfourchais alors mon vélo. Je m'élançais sur une grande rue, et au bout d'un moment, ma roue avant se détacha du sol, puis la seconde. Mon vélo flottait à présent.

Il me fallut peu de temps pour sortir des différentes couches autour de la Terre. Et, sans que je n'y pense, je ne fut pas asphyxié par manque d'oxygène. Le vide n'était ni chaud ni froid. Et je sentais même les rayons du soleil me caresser la joue.

A mesure que j'avançais, -dans quelle direction, je ne pourrais le dire - , je voyais la Terre de plus en plus petite, mais elle ne m'importait plus guère. Le ballet des astres et des planètes jouait en tournoyant autour de moi. Je laissais la Terre derrière moi, quand une idée traversa mon esprit. Pourquoi ne pas aller sur Pluton?

Pluton avait toujours été la planète, - bien qu'elle n'en soit plus une, selon certains - , que je préférais. D'ailleurs, elle est toujours ma préférée. Pourquoi? Inexplicable. Peut-être pour sa forte distance avec la Terre, ou pour sa couleur. Ou pour les deux. Et bien plus encore...

# Posté le vendredi 16 janvier 2009 14:24

Rue de Lostende

Le monde assourdissant et aveuglant m'assaillait de toutes parts, mais bientôt, le calme serait revenu. Il ne me restait qu'à traverser le pont traversant la voie ferrée. Ceci fait, je trouverai le repos pour mes sens, la sérénité. Mais le pont n'était pas encore franchi. Encore quelques pas et ce serait fait.

Après un ultime effort, le pont fut derrière moi. Il était temps de virer à gauche. Je m'enfonçait dans la petite rue, et le harcèlement de la ville se fit moins sentir. Peu à peu, mes sens se calmaient. Puis d'un coup, un voile noir vint cacher ma vue. Progressivement, il se fit plus léger, jusqu'à ce que je puisse voir à nouveau correctement. La rue était très peu éclairée, et l'on voyait les étoiles et la lune à merveille. Je passais devant la maison du vieil infirme, celui-ci étant allongé dans un hamac suspendu entre deux arbres de son jardin. Sans un mot, il me fit comprendre que lui aussi appréciait regarder les étoiles. Surtout lorsqu'elles dansent et chantent, et forment un balais nocturne ou une chorale orchestrée par la lune, pensais-je sans y croire vraiment. Mais en levant la tête, je remarquais que tout était exact. Toute cette agitation était là, au dessus de moi. Les étoiles semblaient être plus gaies qu'avant, d'avoir un nouveau spectateur qui ne s'intéresse pas qu'à leur forme ou leurs particularités mais aussi à leur créativité, leur magie.

Je continuais de marcher et peu à peu ma vue fut éblouie à nouveau, et les lumières redevinrent violentes et froides. Mais j'étais arrivé.

# Posté le samedi 10 janvier 2009 16:12

Modifié le mercredi 11 février 2009 08:38

L'animal aussi, tue.

Il était immense. Il était presque aussi grand que moi. Le rapace dressé à moins d'un mètre de moi, sur la petite table, était incroyablement proportionné. Je n'avais pas peur de lui, et c'était réciproque. je sentais dans son regard une lueur d'intelligence qui me donnait la sensation qu'il comprenait mes intentions. Par un réflexe honteux, je pris un appareil photo sur la table. Il y en avait plusieurs d'ailleurs, et je crois qu'ils n'y étaient pas la seconde d'avant, mais là n'est pas le problème. Rien d'étonnant. Je pris donc cet appareil, étant alors conscient de ma bêtise. Je tentais quand même de prendre une photographie, ne voulant pas avoir agit bêtement sans avoir la moindre conséquence. Mais à chaque fois que je m'apprêtais à presser le bouton pour prendre la photo, l'oiseau bougeait, ou essayait de me prendre l'appareil. Il réussit même à me l'arracher des mains. Je senti alors, l'espace d'une seconde, un lien plus puissant que je n'en avais jamais tissé avec aucun autre être. Pas même un humain. Il y avait dans cet échange de regard une complicité inconnue, et un amour infini.

Mais sitôt le regard posé, il se détourna pour observer derrière lui. Aussi étrange que ça puisse paraitre, l'oiseau n'avais plus le monopole de la massivité. Un ours, énorme, se dirigeait dans notre direction. Il était géant, mesurant plus de deux mètres cinquante debout. L'animal semblait être, à contrario du rapace, hostile. L'un représentait la grâce et l'agilité, l'autre, la force à l'état pur, la brutalité. Pour une raison inexplicable, les deux monstres se jetèrent l'un sur l'autre. Le mammifère usait de ses longues griffes acérées pour trancher la chair de son adversaire. Celui-ci répondait d'un manière similaire, moins brutale, mais plus ciblée. La lutte ne dura guère longtemps. Les animaux échangeaient tellement de coups, dans une rage sans nom, qu'ils se fatiguèrent vite et l'ours, plus robuste et endurant, posé sur ses pattes, acheva le volatile. Il se tenait là, devant le cadavre de son ennemi. Il s'approcha de moi. Se dressa de toute sa hauteur, poussa un grand râle, puis son regard se porta sur moi comme celui de l'oiseau l'avait fait. Il se remit sur ses quatre pattes, et entra dans la maison devant lui. Et les cris commencèrent à fuser...

# Posté le samedi 10 janvier 2009 08:28

Modifié le samedi 10 janvier 2009 11:15