Il était immense. Il était presque aussi grand que moi. Le rapace dressé à moins d'un mètre de moi, sur la petite table, était incroyablement proportionné. Je n'avais pas peur de lui, et c'était réciproque. je sentais dans son regard une lueur d'intelligence qui me donnait la sensation qu'il comprenait mes intentions. Par un réflexe honteux, je pris un appareil photo sur la table. Il y en avait plusieurs d'ailleurs, et je crois qu'ils n'y étaient pas la seconde d'avant, mais là n'est pas le problème. Rien d'étonnant. Je pris donc cet appareil, étant alors conscient de ma bêtise. Je tentais quand même de prendre une photographie, ne voulant pas avoir agit bêtement sans avoir la moindre conséquence. Mais à chaque fois que je m'apprêtais à presser le bouton pour prendre la photo, l'oiseau bougeait, ou essayait de me prendre l'appareil. Il réussit même à me l'arracher des mains. Je senti alors, l'espace d'une seconde, un lien plus puissant que je n'en avais jamais tissé avec aucun autre être. Pas même un humain. Il y avait dans cet échange de regard une complicité inconnue, et un amour infini.
Mais sitôt le regard posé, il se détourna pour observer derrière lui. Aussi étrange que ça puisse paraitre, l'oiseau n'avais plus le monopole de la massivité. Un ours, énorme, se dirigeait dans notre direction. Il était géant, mesurant plus de deux mètres cinquante debout. L'animal semblait être, à contrario du rapace, hostile. L'un représentait la grâce et l'agilité, l'autre, la force à l'état pur, la brutalité. Pour une raison inexplicable, les deux monstres se jetèrent l'un sur l'autre. Le mammifère usait de ses longues griffes acérées pour trancher la chair de son adversaire. Celui-ci répondait d'un manière similaire, moins brutale, mais plus ciblée. La lutte ne dura guère longtemps. Les animaux échangeaient tellement de coups, dans une rage sans nom, qu'ils se fatiguèrent vite et l'ours, plus robuste et endurant, posé sur ses pattes, acheva le volatile. Il se tenait là, devant le cadavre de son ennemi. Il s'approcha de moi. Se dressa de toute sa hauteur, poussa un grand râle, puis son regard se porta sur moi comme celui de l'oiseau l'avait fait. Il se remit sur ses quatre pattes, et entra dans la maison devant lui. Et les cris commencèrent à fuser...